Maërl

Généralités

Le maërl, très convoitée actuellement, est une algue calcaire rouge découverte au siècle dernier dans l'archipel des Glénan.Sous le nom de maërl sont représentées plusieurs espèces d'algues calcaires : les Lithotamnes.Le maërl résulte de la croissance durant des milliers d'années de petites algues dont l'accumulation a constitué des bancs sous marins.Ils font ainsi parti des plus anciennes plantes vivantes connues.

Le maërl a de nombreuses utilisations mais depuis quelques temps, il est restreint au traitement de l'eau potable.


Caractéristiques

Le maërl vivant a une belle couleur rouge alors que lorsqu'il est mort, il devient grisâtre.
Compte tenu de sa faible croissance, entre 300µm et 1mm par an, le maërl tend à considéré comme une ressource « non-renouvelable ».
Le maërl des Glénan fait tout de même partie d'un des plus gros gisements européen.


localisation

On peut observer principalement 3 gisements de maërl :
L'un allant de Concarneau à la pointe de Trévignon, un deuxième au Nord de l'île des Moutons et un troisième au Nord de l'archipel.Les bancs de maërl au nord de l'île des Moutons et au large de Concarneau à Trévignon sont des bancs de maërl vivants en surface. Les bancs au nord de l'archipel sont des bancs de maërl mort.

 

Pour en savoir plus

Utilisation :

Le traitement de l'eau potable , des effluents domestiques, industriels, des milieux aquatiques.

L'alimentation animale.

Le traitement du lisier.

L'engrais (Amendements des sols acides).

L'industrie cosmétique.

Certaines personnes en consomment pour les bienfaits sur l'organisme (recalcification des os...)

 

L'extraction :

Elle a débutée dans le but de diminuer l'acidité des sols bretons. De nos jours, l'extraction du maërl est autorisée uniquement pour le traitement de l'eau potable.
En France, 50 départements ont recours au maërl des Glénan dont le Finistère. L'extraction du maërl n'est donc pas interdite pour des raisons de santé publique !

Cependant, en octobre 2005, l'État a accordé une dernière concession aux sabliers sur une durée de 6 ans, uniquement pour les besoins de traitement de l'eau potable.
Avant la fermeture définitive du site en 2011, les sociétés sont autorisées à extraire chaque année 45°000 tonnes de maërl.
C'est beaucoup moins que ce qu'elles espéraient mais encore beaucoup trop pour les écologistes, réclamant l'arrêt de l'extraction du maërl.

 

Intérêts et rôles :

Avec ses thalles, le maërl forme un ensemble de micro cavités. L'eau y circule très facilement, apportant de l'oxygène et y transportant de la nourriture.
La faune et la flore du ma ërl est d'une richesse très élevée comparée aux autres sédiments parce que les espèces y sont protégées des super-prédateurs (gros poissons...).
En effet, environ 800 espèces animales et plus de 100 espèces d'algues peuvent y vivre et se reproduire.
C'est un des habitats marins les plus riches sur le plan de la biodiversité.

 

Moyens de substitution :

Il convient de réfléchir à des moyens de substitution possibles au maërl avant sa disparition.
Pour l'agriculture, il existe des moyens de substitution marins comme le trez (sables coquilliers).
Pour la potabilisation de l'eau, les produits de substitution sont principalement des produits non-naturels.

 

Mesure de protection pour la sauvegarde de l'archipel :

Depuis quelques années, un important travail est mené pour gérer les ressources en maërl.
Le maërl est protégé comme espèce par Natura 2000 et comme habitat par la Directive européenne Habitat du 21 mai 1992 visant à la conservation des habitats marins européens dont le maërl fait partie.

Les lois ont été mise en place dans le but de protéger des habitats et des espèces remarquables mais aussi d'adopter une gestion intégrée avec les activités humaines existantes ou futures.

 

Conclusion :

L'extraction du maërl a entraînée de nombreux conflits d'intérêts entre les extracteurs des Glénan, les marins pêcheurs et les associations de protection de l'environnement.

D'un côté les écologistes et les associations de protection de la nature argument que l'exploitation du maërl entraîne de graves déséquilibres écologiques.
Selon eux les bancs de maërl sont quasiment morts aujourd'hui et le resteront tant qu'ils seront exploités. Il faut absolument protéger cette algue des Glénan car les bancs bretons représentent la quasi-totalité du maërl atlantique français.

De l'autre côté, les sociétés extrayant le maërl se défendent par le fait que des travaux et études menés par des scientifiques permettant de mieux caractériser l'impact de l'extraction du maërl sur l'écosystème des Glénan. Il est ainsi montré que la zone proposée à l'extraction est un banc de maërl mort et que cette aire d'extraction représente, sur une durée de 20 ans, moins d'1 % de la totalité du gisement.

Les gisements de maërl sont perturbés par l'extraction du maërl mais également par la pêche à la coquille et à la palourde rose des Glénan (dragage).